La miséricorde qui m'appelle

Cette année, Noël s’inscrit dans une année jubilaire de la miséricorde divine. L’Enfant est la révélation et l’ambassadeur d’une tendresse éternelle. L'Enfant Jésus appelle et Jésus adulte continue d'appeler et à changer les coeurs par la puissance de sa miséricorde.

Noël
Opus Dei - La miséricorde qui m'appelle Vocation de Saint Matthieu - Caravage, Rome 1600

La miséricorde qui m’appelle

Noël a toujours été une fête d’amour. La naissance du Sauveur en est un signe exceptionnel. Si nous, les chrétiens, sommes sans doute touchés par cette date, même des non croyants partagent notre bonheur.

Noël purifie le cœur pour ressembler à ce Jésus humble et agissant

Cette année, Noël s’inscrit dans une année jubilaire de la miséricorde divine. L’Enfant est la révélation et l’ambassadeur d’une tendresse éternelle.

Sa présence nous interpelle. Devant l’Emmanuel nous ne pouvons pas rester indifférents ; Noël purifie le cœur pour ressembler à ce Jésus humble et agissant.

Si le Christ « est présent dans chacun des ‘plus petits’ » (pape François, Bulle Le Visage de la Miséricorde, 11/04/2015 §15), il l’est encore davantage dans la crèche, où le Fils éternel devient Nouveau-né. Là aussi, sa « miséricorde n’est pas un signe de faiblesse, mais bien l’expression de la toute-puissance de Dieu » (ibidem §6).

De nombreuses personnes ont été convoquées par l’Enfant, quand le Verbe n’avait pas encore l’usage de la parole humaine : Marie, Joseph, les bergers, les mages... Ensuite, le Christ adulte a adressé ses demandes à beaucoup d’autres ; même à l’article de la mort il est rentré dans la vie du bon larron ; ressuscité, il a encore rencontré Paul. Chacun est devenu bénéficiaire et témoin actif de la miséricorde infinie. « Il y a des moments où nous sommes appelés de façon encore plus pressante, à fixer notre regard sur la miséricorde, afin de devenir nous aussi signe efficace de l’agir du Père » (ibidem §3).

L’expérience du Souverain pontife est riche dans ce domaine. « L’appel de Matthieu est aussi inscrit sur l’horizon de la miséricorde… Jésus regarda Matthieu avec un amour miséricordieux, et le choisit » (ibidem §8). Le pape, depuis son élection a commenté cette phrase, devenue sa devise pontificale, en la mettant en rapport avec son expérience juvénile : sa vocation s’est manifestée dans le cadre de sacrement de la pénitence. Effectivement, le Christ « l’appela avec tendresse ».

la lumière du jour éclaire son visage, comme la puissance de la miséricorde change son cœur, qui se dévoue au Maître

Le Caravage a donné à L’appel de Matthieu (église Saint-Louis des Français, Rome 1600) un cadre plein de vigueur, dans le bureau des impôts à Capharnaüm. Le bras droit du Sauveur, comme par un geste créateur, prolonge son regard de prédilection. Matthieu est pris au dépourvu, mais la lumière du jour éclaire son visage, comme la puissance de la miséricorde change son cœur, qui se dévoue au Maître.

« Au cours de ce Jubilé, laissons-nous surprendre par Dieu. Il ne se lasse jamais d’ouvrir la porte de son cœur pour répéter qu’il nous aime et qu’il veut partager sa vie avec nous » (ibidem §25).

Noël est temps de miséricorde ; un moment précieux pour bénéficier de l’indulgence plénière, à travers la confession et le pèlerinage ; une occasion en or pour inviter d’autres à cette démarche pénitentielle. La miséricorde de Noël peut changer nos vies en profondeur. Noël rime avec appel.

Abbé Antoine Fernandez