La joie de l’Avent

Le 3ème dimanche de l’Avent, dit de Gaudete, l’Eglise invite les fidèles à entrer dans l’attente joyeuse de la célébration de Noël. Pour y parvenir, prenons le temps de relire quelques textes des papes Jean-Paul II, Benoit XVI et François.

Avent
Opus Dei - La joie de l’Avent 3ème dimanche de l'Avent

La joie peut cohabiter avec la souffrance

"L'Avent est un temps de joie parce qu'il fait revivre l'attente de l'événement le plus heureux de l'histoire : la naissance du Fils de Dieu de la Vierge Marie […].

La joie chrétienne a une caractéristique unique, celle de pouvoir cohabiter avec la souffrance, car elle est entièrement basée sur l'amour

Savoir que Dieu n'est pas loin mais proche, qu'il n'est pas indifférent mais plein de compassion, qu'il n'est pas étranger mais Père miséricordieux qui nous suit avec amour en respectant notre liberté : tout cela est le motif d'une joie profonde que les diverses péripéties de la vie quotidienne ne peuvent entamer […]. La joie chrétienne a une caractéristique unique, celle de pouvoir cohabiter avec la souffrance, car elle est entièrement basée sur l'amour", a ajouté le pape. "En effet, le Seigneur qui nous "est proche", au point de se faire homme, vient transmettre sa joie, la joie d'aimer. C'est le seul moyen de comprendre la joie sereine des martyrs y compris au cœur de l'épreuve, ou le sourire des saints de la charité face à celui qui souffre : un sourire qui n'offense pas mais qui console".

Angelus de saint Jean-Paul II, 3e dimanche de l’Avent 2003

L’invitation à la joie est prophétie de salut

« La joie que la liturgie réveille dans les coeurs des chrétiens, n'est pas réservée à eux seuls : c'est une annonce prophétique destinée à l'humanité entière, particulièrement aux plus pauvres, dans ce cas aux plus pauvres de joie! souligne Benoît XVI. Nous pensons à nos frères et soeurs qui, spécialement au Moyen Orient, dans quelques parties de l'Afrique et dans d'autres parties du monde vivent le drame de la guerre : quelle joie peuvent-ils vivre ? Comment sera leur Noël ? Nous pensons à tant de malades et personnes seules qui, au-delà d'être éprouvées physiquement, le sont même dans l'âme, parce que souvent ils se sentent abandonnés : comment partager avec eux la joie tout en respectant leur souffrance ?

L'invitation à la joie n'est ni un message aliénateur, ni un stérile palliatif, mais, au contraire, elle est prophétie de salut, appel à un rachat qui part du renouvellement intérieur

Mais nous pensons également à ceux - notamment des jeunes - qui ont perdu le sens de la vraie joie et qui la cherchent en vain, là où il est impossible de la trouver" - dans une course désespérée vers l'affirmation de soi et du succès dans les faux divertissements, l'utilisation immodérée des biens de consommation, les moments d'ébriété, les paradis artificiels de la drogue et toutes formes d'aliénation. Nous ne pouvons pas ne pas comparer la liturgie d'aujourd'hui et son "Réjouissez-vous!" avec ces dramatiques réalités. Comme aux temps du prophète Sophonie, c'est vraiment à ceux qui sont dans l'épreuve, aux "blessés de la vie et des orphelins de la joie" que s'adresse de manière privilégiée la parole du Seigneur. L'invitation à la joie n'est ni un message aliénateur, ni un stérile palliatif, mais, au contraire, elle est prophétie de salut, appel à un rachat qui part du renouvellement intérieur ».

Angelus de Benoit XVI, 3e dimanche de l’Avent 2006

Un saint triste serait un contresens

« Depuis déjà deux semaines le temps de l’Avent nous a invité à la vigilance spirituelle pour préparer la voie au Seigneur, le Seigneur qui vient. Dans ce troisième dimanche la liturgie nous propose une autre attitude intérieure avec laquelle vivre cette attente du Seigneur, c’est-à-dire la joie. (…) Mais quelle est la joie que le chrétien est appelé à vivre et à témoigner ? C’est celle qui vient de la proximité de Jésus, de sa présence dans notre vie. Depuis que Jésus est entré dans l’histoire, avec sa naissance à Bethléem, l’humanité a reçu les semences du Royaume de Dieu, comme un terrain qui reçoit le semis, promesse de la future récolte […]. Il ne faut plus chercher ailleurs ! Jésus est venu apporter la joie à tous et pour toujours. Il ne s’agit pas d’une joie seulement espérée ou renvoyée au paradis – « ici sur la terre nous sommes tristes mais au paradis nous serons joyeux » – non, ce n’est pas cela, mais une joie déjà réelle et expérimentable maintenant, parce que jésus lui-même est notre joie […]. Il est vivant, il est le Ressuscité, il œuvre en nous et entre nous spécialement avec la Parole et les sacrements […].

Mais quelle est la joie que le chrétien est appelé à vivre et à témoigner ? C’est celle qui vient de la proximité de Jésus, de sa présence dans notre vie

Nous tous, baptisés, fils de l’Eglise, nous sommes appelés à accueillir toujours de nouveau la présence de Dieu au milieu de nous et à aider les autres à la découvrir, ou à la redécouvrir si nous l’avions oubliée. Il s’agit d’une très belle mission, similaire à celle de Jean-Baptiste : orienter les gens vers le Christ – et non vers nous-mêmes. Parce que c’est Lui que tend le cœur de l’homme quand il cherche la joie et le bonheur […]. On n’a jamais entendu parler d’un saint triste ou d’une sainte avec le visage funèbre ! On n’a jamais entendu cela ! Ce serait un contresens. Le chrétien est une personne qui a le cœur plein de paix parce qu’il sait mettre sa joie dans le Seigneur aussi quand il traverse les moments difficiles de la vie. Avoir la foi ne signifie pas ne pas avoir de moments difficiles mais avoir la force de les affronter en sachant que nous ne sommes pas seuls. Et ceci est la paix que Dieu donne à ses enfants […].

Le chrétien est une personne qui a le cœur plein de paix parce qu’il sait mettre sa joie dans le Seigneur aussi quand il traverse les moments difficiles de la vie

Avec le regard tourné vers Noël désormais proche, l’Eglise nous invite à témoigner que Jésus n’est pas un personnage du passé. C’est la Parole de Dieu qui continue à illuminer le chemin de l’homme. Ses gestes, les sacrements, sont la manifestation de la tendresse, de la consolation et de l’amour du Père vers tout être humain. Que la Vierge Marie, cause de notre joie, nous rende toujours heureux dans le Seigneur, qui vient nous libérer de tant d’esclavages intérieurs et extérieurs ».

Angelus du Pape François, 3e dimanche de l’Avent 2014