JMJ : un jeune suisse de 16 ans raconte

Nous demeurons fermement convaincus que ces JMJ ne seront pas simplement un « temps fort », mais qu’elles nous auront aidé à grandir dans le Christ.

Témoignages personnels
Opus Dei - JMJ : un jeune suisse de 16 ans raconte

Nous sommes partis en minibus le 20 juillet de Lausanne avec Cracovie pour but. Nous avons dormi le soir même à Strasbourg, où nous avons rencontré le club Grenoblois, et avons continué le lendemain jusqu’à Prague. Là, nous ont rejoint les autres clubs de France qui étaient venus de Paris en une journée dans un car. Nous avons alors passé une journée à visiter la ville avant de reprendre la route pour Zakopane en deux groupes séparés. Les minibus sont passés par la Slovaquie et pas des routes peu fréquentées, évitant ainsi les ralentissements et les contrôles de frontière, tandis que le car a emprunté une autoroute plus au Nord.Peut-être que la route n’était pas le meilleur moyen pour faire un voyage de cette envergure, mais ça nous a permis de découvrir la beauté des campagnes tchèques, slovaques, et polonaises, ce que nous n’aurions pas pu faire en avion.

Nous avons fait une escale de 3 jours à Zakopane, un équivalent polonais de Chamonix, dans les montagnes polonaises. Deux randonnées dans les Tatras nous ont permis de découvrir à la fois la beauté de ces paysages et la violence des orages dans la région.

Nous avons fait une escale de 3 jours à Zakopane, un équivalent polonais de Chamonix, dans les montagnes polonaises. Deux randonnées dans les Tatras nous ont permis de découvrir à la fois la beauté de ces paysages et la violence des orages dans la région.

Les polonais : très accueillants !

Sur place, les polonais se sont révélés très accueillants et ont été très généreux avec nous, durant toute la durée de notre séjour. A l’école primaire de Zakopane ils avaient écrit des messages de bienvenue et nous ont logés et nourris pendant trois jours sans accepter de compensation financière. À notre départ, le directeur a encore fait un discours nous expliquant que notre visite était un moment historique pour son école et que c’était pour lui et son école un honneur.

La tente des suisses au J&J Sport Center proche de Cracovie

Le 26 Juillet, le groupe a quitté Zakopane pour Cracovie. Après une heure et demie de route, nous arrivons à notre lieu d’hébergement près de Cracovie : le J&J Sport Center, vaste complexe sportif dans lequel sont érigées pas moins de 125 tentes militaires : de quoi accueillir 1800 garçons de différents centres de l’Opus Dei dans le monde, de l’Espagne à Singapour. Au centre, des terrains de foot et d’autres terrains couverts, ainsi qu’une salle à manger en plein air et un énorme podium.

Amitiés avec des Libanais et Chinois

A l’entrée, nous avons droit à une fouille en règle, à cause des risques d’attentat qui planent sur ces JMJ. Nous recevons les sacs JMJ, accompagnés de « goodies » : un poncho, un foulard, une écharpe, un bracelet… Puis nous nous installons dans nos tentes : 19, 20 et 21. Les prêtres ont une chambre « en dur », et certains jeunes ou moins jeunes ont une tente individuelle qu’ils ont apportée.

Dans le camp, nous avons sympathisé avec des groupes de Libanais et de Chinois, ce qui nous a donné d’entrevoir des cultures assez différentes de la nôtre.Dans les rues de Cracovie, arborant nos drapeaux suisses, valaisans, vaudois et français nous saluons chaleureusement les autres groupes qui viennent à notre rencontre. Il y en a de partout, mais nous saluons particulièrement les Portugais car ils ont gagné l’Euro de foot.

Accueil du pape au parc de la Błonia

Le 28 Juillet, nous nous rendons sur l’immense parc de la Błonia pour la cérémonie d’accueil du Pape. Cette prairie située à côté du centre historique de Cracovie a accueilli les grandes messes de St Jean Paul II, mais aussi plusieurs autres grands rassemblements. Nous y sommes revenus le lendemain pour le chemin de croix. Un des épisodes les plus marquants de cette prairie a été le fait que, n’ayant pas de billet, nous aurions dû rester dans les zones les plus éloignées du podium où se trouvait le Pape.

Lors d'une marche dans les TatrasMais plusieurs d’entre nous sont parvenus de franchir les contrôles, suivant différentes techniques plus ou moins discrètes, avançant parfois jusqu’au bord du secteur VIP, et accédant ainsi à une vue imprenable sur la cérémonie.La plupart des discours du Pape au cours des JMJ étaient en italien, mais nous avons pu les suivre grâce à la traduction simultanée qui était diffusé sur un canal radio pour les principales langues.

Rencontre avec Mgr Xavier Echevarria, prélat de l’Opus Dei

Le 29 juillet, après le déjeuner, nous avons une réunion avec le Prélat de l’Opus Dei, Mgr Xavier Echevarria, dans un grand centre de conférences où nous sommes 2000 étudiants et lycéens. Nous prenons des appareils de traduction, car le prélat parlera en espagnol. C’est une ambiance familiale malgré le nombre. Au début, on nous avertit de maintenir cette atmosphère en ne faisant pas trop de démonstrations extérieures, de prier. Le prélat, que l’on appelle « le Père » dans l’Opus Dei, nous met tout de suite à l’aise ; il raconte son voyage en voiture à travers les différents pays d’Europe, et nous demande de bien vivre l’esprit de sacrifice au cours de ces JMJ, et de prier pour le Pape. Il nous rappelle les propos du Saint-Père : nous devons être les protagonistes de notre vie, être coopérateurs du Christ. Fréquenter les sacrements, et en particulier l’Eucharistie, à l’exemple de saint Josémaria qui luttait pour penser au Seigneur en apercevant les clochers des églises. Ensuite des participants posent des questions.

D’abord, c’est un Polonais, à propos de sa vocation de médecin et de son goût pour le sport. Puis, un Anglais, qui parle de l’apostolat d’amitié. A chaque fois, le Père répond en donnant des conseils et en racontant une histoire brève. Finalement, c’est Bastien, de notre groupe, 15 ans, qui demande ce qu’il peut faire à son âge pour les migrants. Le Père répond qu’il faut voir ce que fait le diocèse, et mettre sa petite part personnelle, en priant pour eux.

Quatre heures de marche pour rencontrer le pape

Après la messe d'envoi, Rafael et Théophane avec un prêtre chinois

Le 30 Juillet dans la matinée, tout le groupe a quitté le campement du J&J Sport Center pour rejoindre à pied, les véhicules étant interdits sur une grande partie du trajet, le Campus Misericordiae, qui se trouvait à l’autre bout de Cracovie. La marche, de près de 10 km, a duré un peu plus de quatre heures, sous un soleil de plomb, et nos affaires pour la nuit sur le dos.En réaction à cette chaleur, plusieurs habitants de Brzegi (commune qui accueillait le Campus misericordiae) étaient sortis de chez eux pour donner à boire aux millions de personnes assoiffées qui défilaient devant chez eux (encore une fois, quelle hospitalité !).

Après la veillée, nous avons dormi sur le campus. Nous étions si nombreux que c’était une opération délicate que de dérouler son tapis de sol sans empiéter sur celui de quelqu’un d’autre. Nous avons eu énormément de chance de ne pas avoir eu d’orage pendant la nuit ni pendant la messe qui suivit, car, nous l’avions déjà découvert dans les Tatras, les orages polonais sont terribles. Le lendemain eut lieu la messe d’envoi avec près de trois millions de personnes. Plusieurs personnes ont fait remarquer après l’annonce des prochaines JMJ à Panama qu’il serait compliqué d’y aller en minibus.Nous avions décidé de rester dans un secteur éloigné du centre de manière à pouvoir quitter rapidement l’endroit. Notre drapeau vaudois était facilement reconnaissable de loin et nous a permis de reconstituer rapidement le groupe.Une fois dans les minibus, un violent orage a éclaté.

Le point d’orgue : une récollection !

Le lendemain, 1er août, nous faisons notre récollection à la Basilique de Gidle. Cette magnifique église est aussi un lieu de pèlerinage marial, où l’on vénère une Vierge miraculeuse, une statuette qui ne mesure pourtant pas plus de 11 cm de haut.

Le but de cette récollection est de mettre le point d’orgue à notre séjour des JMJ, en nous aidant à prendre des résolutions. Méditation, causerie, examen de conscience, temps de silence et Messe nous portent vers ces résolutions de fin de camp qui doivent retentir sur la suite de l’été.

Le retour

Le retour fut très rapide, car, contrairement à l’aller, il n’y avait presque pas de ralentissement sur l’autoroute. Partis de Gidle vers 13h00 en deux minibus tandis que le car filait directement sur Paris, nous avons dormi à Hof en Bavière dans une auberge de jeunesse. Comme c’était le premier août, la fête nationale, nous sommes allés manger une Currywurst dans une fête foraine et, pour bien profiter de la fin du séjour, nous avons joué à la belotte une bonne partie de la nuit. Le lendemain, nous prenons congé des Grenoblois. Nous rentrons en faisant un crochet par Yverdon, où la maman d’Etienne nous a offert un magnifique goûter auquel nous avons fait honneur car nous étions affamés.

Nous demeurons fermement convaincus que ces JMJ ne seront pas simplement un « temps fort », mais qu’elles nous auront aidé à grandir dans le Christ.