« Nous voici convoqués à la prière et la responsabilité »

Telle est l’invitation lancée par Mgr de Rochebrune, vicaire de l’Opus Dei pour la France, lors de la Messe pour l’âme de Mgr Xavier Echevarria célébrée samedi 17 décembre à Paris. Une invitation à recevoir l’héritage « fait de générosité, de don de soi, de bonne humeur, de piété, de lutte spirituelle et de fidélité à Saint Josémaria » que nous lègue « celui que nous appelions le Père ».

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Opus Dei - « Nous voici convoqués à la prière et la responsabilité »

Homélie de Mgr de Rochebrune

Messe pour l’âme de Mgr Xavier Echevarria

Saint Honoré d’Eylau – Paris

17 décembre 2016

L’évangile de la généalogie du Christ vient d’être proclamé. Nous avons entendu cette longue liste des ancêtres du Seigneur : en particulier, les patriarches Abraham, Isaac, Jacob, puis cette lignée de Rois : David, Salomon… et enfin Saint Joseph, époux de la Vierge Marie. Il est touchant de constater que Dieu s’est incarné dans l’histoire humaine, dans une lignée : Dieu s’est fait homme, semblable à chacun de nous en tout, sauf dans le péché. Cette ascendance du Seigneur est faite, à l’exception de la Sainte Vierge Marie, d’hommes marqués par le péché. Mais c’est précisément pour ouvrir les portes du Salut que Dieu est entré dans le monde. Dieu est venu nous apporter la Sainteté. Il a réalisé l’œuvre de notre Salut en commençant discrètement sa venue dans le monde, dans une grotte à Bethléem.

Xavier Echevarria, que nous appelions familièrement et familialement le Père a rejoint une lignée de saints. Il est le troisième Père à la tête de l’Opus Dei. Lorsque nous avons appris lundi soir dernier la nouvelle inattendue de son rappel à Dieu, nous avons bien compris qu’un événement très important de la vie de l’Opus Dei était survenu. Désormais, le deuxième successeur de Saint Josémaria n’était plus parmi nous. Ou du moins, une nouvelle forme de présence allait commencer. Alors, ce matin, notre gratitude s’élève comme une prière agréable à Dieu. D’une part envers Saint Josémaria qui a découvert dans le début des années 50 le jeune Xavier Echevarria : un homme doté de très grandes qualités, ordonné prêtre très jeune à l’âge de 23 ans, et sur qui il a pu s’appuyer durant une vingtaine d’années. Et d’autre part, évidemment, notre gratitude s’élève vers Dieu pour cet homme très bon, qui a reçu et vécu l’esprit de l’Opus Dei directement du fondateur et de son successeur le Bienheureux Alvaro.

Combien de souvenirs pourrions nous évoquer autour de sa figure si aimable ! Je retiendrais un souvenir personnel, et des souvenirs partagés par un certain nombre d’entre nous.

Le souvenir personnel, c’est celui de ma dernière rencontre avec lui à Rome, il y a un peu plus d’un mois. Je retiens son intérêt plein d’affection pour notre pays, son regard brillant d’enthousiasme pour les récits que j’ai pu lui rapporter sur des apostolats en France, et puis la grande affection qu’il m’a manifestée en me donnant une émouvante accolade à la fin d’un entretien que j’ai eu avec lui.

Les autres souvenirs que les uns ou les autres avons pu partager avec lui, furent les passages assez nombreux en France, toutes ces réunions que nous avons pu avoir avec lui, ces moments de prière dans des sanctuaires comme Lourdes (où il passait chaque année), la Médaille Miraculeuse, et j’en passe. Ce sont aussi les souvenirs marquants de la canonisation de Saint Josémaria à Rome en 2002 ou de la béatification de don Alvaro en 2014. Rappelons-nous aussi ses paroles pleines d’affection pour les trois derniers papes qu’il pu rencontrer régulièrement durant ces dernières 22 années : Saint Jean-Paul II, puis Benoît XVI, et enfin notre très cher Pape François qui célèbre aujourd’hui ses 80 ans. L’amour de Xavier Echevarria pour l’Église était une évidence : tant et tant de fois il nous confiait sa prière pour l’Église ; tant et tant de fois il nous invitait à la prière pour le Saint Père et aussi pour les évêques des lieux. Ici ou là s’expriment des paroles pleines d’estime de nombreuses de personnalités ecclésiastiques qui l’on connu. Ces derniers jours, j’ai reçu messages et coups de téléphone de différents évêques de notre pays ; notamment le Cardinal Vingt Trois qui m’a chargé de vous assurer de sa prière pour Mgr Echevarria et pour tous les membres de l’Opus Dei. Avec nous tous, m’a-t-il transmis, il rend grâce pour la fécondité du ministère de celui qui fut l’un des plus proches collaborateurs de notre saint fondateur. Le Cardinal Barbarin quant à lui m’a assuré qu’il célébrerait aujourd’hui de retour d’un déplacement à l’étranger la Messe en associant à la prière pour les 80 ans du Pape, ses suffrages pour notre prélat.

Nous voici donc convoqués à la prière et à la responsabilité. Mgr Echevarria était un apôtre : il nous encourageait de toute son âme à nous lancer dans la mission apostolique. Il nous invitait à rêver avec la nouvelle évangélisation, à nous proposer des objectifs ambitieux, à beaucoup beaucoup prier pour les vocations. Lorsqu’un père meurt, vient le moment pour les enfants de penser à l’héritage. Je vous invite à recevoir l’héritage que nous lègue celui que nous appelions le Père. Il doit être fait de générosité, de don de soi, un héritage de bonne humeur et d’humour, un héritage de piété et de lutte spirituelle, et enfin un héritage de fidélité à saint Josémaria.

Frères et sœurs, quand on perd l’un de ses proches, toute la famille s’unit davantage : demandons à Dieu notre Seigneur une plus grande finesse dans l’unité.

Terminons avec la Vierge Marie. Je ne pense pas avoir été le seul à faire le lien, mais je garde en mémoire que le dernier instant sur terre de Saint Josémaria a été un regard vers un tableau représentant Notre Dame de Guadeloupe lorsqu’il entra dans son bureau, suivi par Xavier Echevarria. C’est précisément le jour de la fête de Notre Dame de Guadeloupe qu’il plut à Dieu de rappeler son serviteur. La Très Sainte Vierge Marie est toujours présente aux derniers moments de ses enfants les plus fidèles.