Les litanies de Lorette (1)

Les chrétiens ne se lassent pas de complimenter la Mère de Dieu, qui est aussi leur Mère. Pendant ce mois de mai, nous vous proposons de contempler certains de ces éloges regroupés par bouquets : Sainte, Mère, Reine......

La Vierge Marie

Les litanies de Lorette

Enluminure, mosaïque, peinture, sculpture, vitrail

Par la prière du rosaire, le fidèle expérimente la maternité de Notre Dame. Rempli de reconnaissance, il se sent poussé à prolonger sa louange. Les litanies mariales le lui permettent, comme « le couronnement d'un chemin intérieur qui a conduit à un contact vivant avec le mystère du Christ et de sa Mère très sainte » (Jean-Paul II, Le Rosaire §37). Les litanies, encadrées par les invocations trinitaires et christologiques, s'adressent à « la première des créatures, l'enfant préférée de Dieu, la plus aimée et la plus proche de lui » (J.-H. Newman, Méditations pour le mois de mai, introduction §2). Chaque phrase réclame son intercession : « priez pour nous » à tout instant.

Toujours insuffisants, les traits de chaque phrase soulignent une qualité de l'âme ou de l'agir de la Mère de Dieu. Comme une guirlande de dons, reçus et transmis, qui esquisse un portrait de Notre Dame.

Le dialogue de Marie avec Dieu et avec l'humanité, est harmonisé par l'unité de son amour : elle aime comme Dieu le fait. Son cœur se dilate à la mesure de l'immensité divine. L'amour de la Mère est aussi crédible que celui du Sauveur.

Inspiré des traditions orientales et latines, un recueil a vu le jour à Lorette (Italie) au XVI e siècle. Toujours insuffisants, les traits de chaque phrase soulignent une qualité de l'âme ou de l'agir de la Mère de Dieu. Comme une guirlande de dons, reçus et transmis, qui esquisse un portrait de Notre Dame.

Plusieurs séries d'éloges s'enchaînent : quatre d'entre elles déploient les nuances de la sainteté, de la maternité, de la virginité et de la royauté. Au milieu, comme un jet débordant, surgit une cinquième séquence, bouquet d'images, pour la plupart d'inspiration biblique.

À partir du cœur et des lèvres du chrétien, les litanies mariales ont pris corps : statues, icônes, mosaïques et toute forme artistique ont servi de support aux invocations de Lorette.


I : Trois fois sainte.

École de Giotto, Madone avec l'Enfant au sourire (XIVe siècle), Basilique Saint-François, Assise.

Palpitantes d'amour, les litanies égrènent des compliments.
Les premiers plantent le décor :
Sainte… Sainte… Sainte…
La Toute Sainte mérite bien ce trisagion aux gloires de son nom, de sa maternité et de sa virginité. Ce triptyque dresse le profil de Marie de Nazareth, image vivante de la Trinité Bienheureuse.

II : Mère de Dieu et des hommes.

La Sainte Famille, vitrail de l'église Saint-Nizier (Lyon, XVe siècle)

La grandeur d'une mère se mesure à ses fruits. Si Jésus est « le fruit béni de ses entrailles », les membres du Christ participent de la même bénédiction divine, bien transmise par la générosité de la « nouvelle Ève », la Mère par excellence.

La Mère du Très-Haut, accueillant le « Saint de Dieu », devient Mère du Christ, de l'Église et de la grâce.

L'amour de la Mère est aussi crédible que celui du Sauveur.

Mère éblouissante, elle est parée de la plénitude de l'amour, qui remplit son âme et son corps : très pure et chaste, toujours vierge.

Le rayonnement d'une Mère sans corruption, aimable et admirable, reflète celui de son Fils, « le plus beau parmi les enfants des hommes ». Puisant sans cesse à la source divine, ses dons se révèlent inépuisables :
Mère du conseil, du Créateur et du Sauveur.

Abbé Antoine Fernandez