L’Arche de la miséricorde

« Marie, l’arche de l’alliance qui est dans le sanctuaire du Ciel, nous indique avec une clarté lumineuse que nous sommes en chemin vers notre véritable Maison, la communion de joie et de paix avec Dieu ». Cette joie qu'éprouva Élisabeth, sa cousine, à la seule vue de la Sainte Vierge venue lui rendre visite.

Fêtes et mois de MARIE

« Choisie pour être la Mère du Fils de Dieu, Marie fut préparée depuis toujours par l’amour du Père pour être l’Arche de l’Alliance entre Dieu et les hommes » (pape François, Le visage de la Miséricorde §24). La liturgie d’Orient et d’Occident le proclame : « Réjouis-toi, Arche de la Nouvelle Alliance dorée par l'Esprit
 ! »(Hymne Acathiste) ; « Salut, Arche de l’Alliance ! » (Petit office de l’Immaculée Conception, hymne) ; ce qui se reflète encore dans les litanies de Lorette.

Moïse fit fabriquer un coffre précieux (Exode 25, 10), vénéré par Israël. Comme digne écrin de ce mémorial d’amour, Salomon bâtit un temple grandiose. L’auteur de l’Alliance Nouvelle, supérieur à Moïse et aux rois, s’est préparé une arche meilleure. La Parole éternelle du Dieu vivant a pris chair dans le corps intact d’une Vierge. Elle est l’arche de bois incorruptible, « faite non plus de la main des hommes, mais par Dieu lui-même ; non plus revêtue d’un or matériel, mais toute resplendissante des feux du Saint-Esprit vivifiant, qui était survenu sur elle » (Modeste de Jérusalem, Sermon pour la Dormition §4). Marie en effet « porte l’auteur de la nouvelle loi » (Messe de « Sainte Marie, Temple du Seigneur », préface), ainsi que la manne eucharistique et le Souverain Prêtre. Le sacrifice annuel d’expiation versait du sang sur le couvercle de l’arche, qui est symbole du Christ, « propitiatoire » éternel (Romains 3, 25). Marie introduit dans le Sauveur et dans sa miséricorde.

L’auteur de l’Alliance Nouvelle, supérieur à Moïse et aux rois, s’est préparé une arche meilleure. La Parole éternelle du Dieu vivant a pris chair dans le corps intact d’une Vierge.

L’église Notre-Dame de l’Arche de l’Alliance, à Abu-Gosh (Israël, 1924), montre, au sommet de la tour, une statue de la Vierge à l’Enfant sur l’arche de Moïse, le marchepied du Tout-puissant (Psaume 132, 7). Depuis l’Annonciation, la Sainte Vierge est témoin éminent de la miséricorde éternelle, puisque son cœur et son corps sont devenus arche sainte. Par le magnificat, chez Élisabeth, elle fait l’éloge de la miséricorde ancienne et des tendresses à venir. « Nous étions nous aussi présents dans ces paroles prophétiques de la Vierge Marie » (Pape François, ibidem).

Le récit de la Visitation (Luc 1, 39-56) évoque le transfert de l’arche à Jérusalem au temps de David (2 Samuel 6, 2-16) : accueillie par une famille dans une étape du transport, l’arche a multiplié les bénédictions sur les habitants. « Marie est l’arche de l’alliance car elle a accueilli en elle Jésus. Arche de la présence de Dieu, arche de l’alliance d’amour définitive » (Benoît XVI, Homélie, 15 août 2011). L’Esprit Saint ouvre les yeux d’Élisabeth. Les cris de joie de la mère et le tressaillement de Jean attestent la présence divine : Notre Dame porte le Sauveur et son œuvre.

«Marie est l’arche de l’alliance car elle a accueilli en elle Jésus. Arche de la présence de Dieu, arche de l’alliance d’amour définitive»

L’Église tout entière accueille aussi Marie et bénéficie de son intercession maternelle : la Toute Sainte, remplie de l’ombre de l’Esprit, porte la chair et le sang du salut universel. Chaque fidèle est invité « également à devenir, de notre modeste façon, une arche dans laquelle est présente la Parole de Dieu » (Benoît XVI, ibidem). L’image exprime aussi la garantie pour persévérer : « Marie, l’arche de l’alliance qui est dans le sanctuaire du Ciel, nous indique avec une clarté lumineuse que nous sommes en chemin vers notre véritable Maison, la communion de joie et de paix avec Dieu » (Benoît XVI, ibidem).

Une huile sur bois de la Renaissance du Bade-Wurtemberg, attribuée à un maître de la famille Strüb (1505, au Musée Thyssen, Madrid), représente la Visitation avec un réalisme poussé. Dans le corps des femmes, apparaissent les deux enfants à naître : Jean s’agenouille devant Jésus, qui siège dans les entrailles de sa Mère. La Miséricorde incréée, désormais présente dans la chair, sanctifie les humbles par la voix de Marie.

Abbé Antoine Fernandez