L'Agneau sept fois béni

Dernier tableau de la série "sur les traces du Ressuscité" : l'Agneau mystique, des frères Van Eyck, accompagné par Haendel

Pâques

7. L'Agneau sept fois béni.

Le cœur gros, Abraham gravit la montagne sainte ; Isaac l'interroge sur la victime à offrir. Confiant, le patriarche assure : « Mon fils, Dieu se pourvoira lui-même de l'agneau pour l'holocauste » (Genèse 22, 8). Seul le Saint peut fournir une victime sainte. La foi éclaire l'holocauste de la nouvelle Pâque. Pur et doux, le Christ « est toujours l'Agneau » (saint Augustin, sermon 229-P §4).

Frères van Eyck, L'Agneau Mystique (Gand, 1432)

L'agneau d'expiation faisait partie de la pâque juive et des prophéties messianiques. Les traditions intertestamentaires évoquaient un agneau roi des justes, vainqueur du mal. Dans cette image Jean Baptiste a perçu le Sauveur (Jean 1,29). Le lendemain, dans les mêmes termes, « l'ami de l'Époux » a présenté le Messie aux premiers disciples. « Voici l'agneau de Dieu » (Jean 1, 36), qui les regarde. La foi des disciples s'éveille. « Jésus se retourne enfin vers eux pour leur montrer son visage » (saint Thomas, Commentaire sur Jean, 1, lecture 15). Les yeux de l'Agneau, vive flamme de vérité et de paix, annoncent le rachat. « Dans le Christ, Dieu montre son visage, ouvre son Cœur » (Benoît XVI, Sauvés par l'espérance §4).

L'image biblique devient liturgie. Avant la communion, l'Église présente ainsi le corps de Jésus : « Voici l'Agneau de Dieu ». Le Sauveur, dans une même logique d'amour, offre son « repas de noces » (Apocalypse 19, 9). La ferveur chrétienne bénira sans cesse le rejeton de David, pareil au « jeune lion de Juda » (Genèse 49, 9), plus fort que le vieux lion infernal.

Le Prêtre souverain, Auteur de la vie qui n'a pas de fin, mérite bien un chant nouveau : « Tu as racheté pour Dieu, par ton sang, des hommes de toute tribu, langue, peuple et nation » (Apocalypse 5, 9-10). Le panneau de L'Agneau mystique (frères van Eyck, Gand, 1432), classé au patrimoine mondial, illustre la louange de l'Église autour de la source de vie.

« La foi grandit quand elle est vécue comme expérience d'un amour reçu et quand elle est communiquée comme expérience de grâce et de joie » (Benoît XVI, Lettre La porte de la foi §7). Par ses œuvres, le croyant bénit l'Agneau. La vie chrétienne déploie, dans le cortège des vertus, un chant de louange au Sauveur. La foi et la contrition, la justice et la vérité, le détachement et la tempérance, le courage pour évangéliser, la miséricorde... tressent une litanie glorieuse.

« Il est digne, l'agneau immolé, de recevoir puissance, richesse, sagesse, force, honneur, gloire et louange » (Apocalypse 5, 12). Ce verset majestueux, couronné par l'Amen, parachève la troisième série de chœurs du Messie, le célèbre oratorio de Haendel ; en 1743, son Alléluia avait fait tressaillir l'auditoire.

Abbé Fernandez