Fioretti janvier 2017

Le Pape François encourage tous les chrétiens à faire preuve d'espérance, ce qui permet de passer des bons désirs aux actes concrets.

Fioretti du pape François
Opus Dei - Fioretti janvier 2017

Les chrétiens paresseux vivent dans le frigo

À Sainte Marthe, le 17 janvier 2017 :

« Les chrétiens qui n’ont pas envie d’aller de l’avant » vivent « dans le frigo, pour que tout reste comme cela ».

« Les chrétiens paresseux, les chrétiens qui n’ont pas envie d’avancer, les chrétiens qui ne luttent pas pour faire changer les choses, les choses nouvelles, les choses qui nous feraient du bien à tous, si ces choses changeaient ».

Ce sont « les chrétiens en stationnement », ceux qui « ont trouvé dans l’Église une belle place de parking. Et quand je parle de chrétiens, je parle de laïcs, de prêtres, d’évêques... Tous ». […] Pour eux, l’Église est un parking qui protège la vie et ils avancent avec toutes les assurances possibles […] Un chrétien paresseux n’a pas d’espérance, il est enfermé là, il a tous les avantages, il ne doit pas lutter, il est à la retraite […] Dans la lutte de tous les jours », l’espérance « est une vertu d’horizons, non de fermeture. ».

La consommation vorace tue l’âme

Angelus du 29 janvier 2017 :

« Plus je possède, plus j’en veux ; plus je possède, plus j’en veux : c’est la consommation vorace. Et cela tue l’âme. Et l’homme ou la femme qui font cela, qui ont cette attitude, “plus j’ai, plus je veux”, ne sont pas heureux et n’atteindront pas le bonheur. A l’égard de Dieu, elle est louange et reconnaissance que le monde est bénédiction et qu’à son origine il y a l’amour créateur du Père. Mais c’est aussi ouverture à Lui, docilité à sa seigneurie : c’est Lui, le Seigneur, c’est Lui le Grand, ce n’est pas moi qui suis grand parce que j’ai beaucoup de choses ! C’est Lui : Lui qui a voulu le monde pour tous les hommes et qui l’a voulu pour que les hommes soient heureux. »

Une religiosité en spray

Message du 24 janvier 2017, à l’occasion de la 51ème Journée des communications sociales :

Interview dans El País, 21 janvier 2017 :

« Le christianisme, ou il est concret, ou ce n’est pas le christianisme. C’est curieux : la première hérésie dans l’Église commença dès que le Christ est mort. L’hérésie des gnostiques, que l’apôtre Jean condamne. C’était une religiosité en spray, pas du concret. Oui, moi, oui, la spiritualité, la loi… mais du spray. Non, non, des choses concrètes. Et du concret on tire les conséquences. Nous perdons beaucoup le sens du concret. Un penseur me disait l’autre jour que ce monde est si désordonné qu’il lui manque un point fixe. Et c’est précisément le concret qui te donne les points fixes. Ce que tu as fait, ce que tu as décidé, comment tu te comportes. Par conséquent, face à cela, j’espère et je vois. »

Le carnaval de la curiosité mondaine

À Saint-Jean-de-Latran, à la messe de jubilé des 800 ans de la fondation de l’Ordre des Dominicains :

« La Parole de Dieu, aujourd’hui, nous présente deux scénarios humains opposés: d’un côté le ‘carnaval’ de la curiosité mondaine, de l’autre la glorification du Père à travers les bonnes œuvres. Et notre vie avance toujours entre ces deux scénarios […]

Paul avertit Timothée qu’il devra annoncer l’évangile dans un contexte où les gens recherchent toujours de nouveaux ‘maîtres’, de nouveaux ‘récits’, des doctrines, des idéologies, différentes …’Prurientes auribus’ (2 Tm 4,3). C’est le ‘carnaval’ de la curiosité mondiale, de la séduction. C’est pourquoi l’apôtre instruit son disciple en utilisant des verbes forts: ‘insiste’, ‘mets en garde’, ‘réprimande’, ’exhorte’, et puis ‘veille’, ’supporte les souffrances’ (vv. 2.5).

Il est intéressant de voir que déjà à l’époque, il y a deux mille ans, les apôtres de l’évangile sont confrontés à ce scénario qui, de nos jours, s’est considérablement développé et mondialisé à cause de la séduction du relativisme subjectif. Cette tendance à rechercher la nouveauté, qui est propre à l’être humain, trouve son milieu idéal dans la société du paraître, dans la consommation, où l’on recycle souvent de vieilles choses, mais l’important est qu’elles aient l’air neuf, soient attirantes, aguichantes. La vérité aussi est maquillée […].

Face à ce ‘carnaval’ mondain, tranche nettement le scénario opposé, que nous trouvons dans les paroles de Jésus que nous venons d’entendre: ‘ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux’ (Mt 5,16). Et comment se produit ce passage de la superficialité pseudo-festive à la glorification, qui est une vraie fête ? Il se réalise grâce aux bonnes œuvres de ceux qui, en devenant des disciples de Jésus, sont devenus ‘sel’ et ‘lumière’. ‘De même, que votre lumière brille devant les hommes – déclare Jésus –, alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux’ (Mt 5,16).

Au milieu de ce « carnaval » d’hier et d’aujourd’hui, ceci est la réponse de Jésus et de l’Église, l’appui solide dans un environnement ‘liquide’ : les bonnes œuvres que nous pouvons réaliser grâce au Christ et à son Esprit Saint, et qui font naître dans le cœur le remerciement à Dieu le Père, la louange, ou au moins l’émerveillement et la question: ‘pourquoi cette personne se comporte-t-elle ainsi ?’: autrement dit, l’inquiétude du monde face au témoignage de l’évangile.

Mais pour que cette ‘secousse’ ait lieu, il faut que le sel ne perde pas sa saveur et la lumière ne se cache pas (cf. Mt 5,13-15). Jésus le dit très clairement : si le sel perd de sa saveur il ne vaut plus rien. Gare au sel qui a perdu sa saveur! Gare à une Église qui perd sa saveur! »

La guerre froide du lendemain est très dangereuse

À Setteville de Guidonia, le 15 janvier 2017 :

« C’est un peu rare si un couple ne se dispute pas, c’est rare. C’est normal de se disputer, cela fait partie de la vie. Mais le conseil que je vous donne, que jamais vos enfants ne vous entendent ou ne vous voient vous disputer. Si vous voulez vous dire des choses, allez dans votre chambre, fermez la porte et dites tout, disputez-vous ! C’est sain, parce qu’il est sain aussi de s’épancher. Mais qu’ils ne le voient pas, parce que les enfants souffrent, ils se sentent abandonnés quand leurs parents se disputent. Ceci est le premier conseil que je vous donne.

Et le second conseil n’est pas tant pour les enfants, il est pour vous. Si vous vous êtes disputés – ce qui est quelque chose de normal, de se disputer, dans le couple – ne finissez jamais la journée sans faire la paix. Parce que la guerre froide du lendemain est très dangereuse. Ne finissez pas la journée sans faire la paix. »

Tu es un chrétien-perroquet

Aux enfants de Santa Maria de Setteville de Guidonia, le 15 janvier 2017 :

« Si je dis : ‘Je suis très catholique, je vais à la messe tous les dimanches’, mais après je ne parle pas avec mes parents, les personnes âgées ne m’intéressent pas, je n’aide pas les pauvres, je ne vais pas trouver les malades… est-ce que c’est un témoignage de vie ? Non ! Je peux parler du Seigneur, mais si par ma vie je ne parle pas en rendant témoignage, comme tu l’as dit, par ma propre vie, cela ne sert à rien ! « Mais, Père, je suis chrétien et je parle du Seigneur ! » Oui, mais tu es un chrétien-perroquet ! Seulement d’ici [indique sa bouche]: parole, parole, parole… Tu te souviens de cette chanson ? Non, vous non, vous êtes jeunes. Si ? « Parole, parole, parole… » et rien de plus. Le témoignage chrétien se donne avec la parole, avec le cœur et avec les mains. Répétons ensemble : avec la parole, avec le cœur et avec les mains. »