Découvrez l’actualité des Pères de l’Église

C’est sous ce titre que nous vous proposerons tous les mois un article rédigé par l'abbé Patrick Pégourier. L'objectif n'est pas de les passer en revue mais d'illustrer un thème de la vie de l'Église, ou de l'année liturgique, par l'apport de ces témoins privilégiés de la Tradition. Dans cet article liminaire, voici en quelques traits leur « portrait de famille ».

Ce sont des hommes anciens, éduqués dans la civilisation du monde gréco-romain. D’elle ils ont tiré les formes de langage et de pensée dans lesquelles, ensuite, ils ont transvasé le « vin nouveau de la Révélation ». La plupart d’entre eux ont écrit en grec ou en latin, les deux langues les plus répandues dans l’Empire romain.

A leur époque et dans le milieu où se développait le christianisme naissant, ils eurent à baliser « la Voie » ouverte par Notre-Seigneur et, face à la dynamique souvent conflictuelle de l’existence quotidienne,  à élaborer des solutions conformes aux données évangéliques. Elles représentent encore aujourd’hui des points de référence pour la conscience ecclésiale.

Ce sont des pasteurs d’âmes, souvent, des évêques qui, « par leur prédication et leurs écrits, ont influé soit sur le développement de la doctrine chrétienne, soit sur la formation du comportement chrétien  parce qu’ils unissent en eux les caractéristiques constantes de la sainteté de vie, de la sagesse et de l’ancienneté »[1].

Ce sont des maîtres à l'autorité doctrinale incontestée : dans leur sillage, redécouvrons, dans sa plénitude, le sens du mystère chrétien, ainsi que la richesse, la beauté et le bonheur de croire. On les appelle « pères » parce qu'ils font parvenir la personnalité intellectuelle et spirituelle de leurs disciples à maturité. N'est-ce pas d'ailleurs l'expérience de Newman ? L'étude des Pères de l'Église fut le point de départ de sa conversion[2]. Bossuet, en son temps, commentait ainsi la supériorité des œuvres patristiques : Elles produisent un fruit infini dans ceux qui les étudient ; parce qu'après tout, ces grands hommes sont nourris de ce froment des élus, de cette pure substance de la religion ; et que, pleins de cet esprit primitif qu'ils ont reçu de plus près et avec plus d'abondance de la source même, souvent ce qui leur échappe et sort naturellement de leur plénitude est plus nourrissant que ce qui a été médité depuis [3].

Tirons parti de leur stature, particulièrement en cette Année de la foi, temps de grâce pour raviver la perception de l'ampleur des horizons que la foi entrouvre [4]. Et souvenons-nous qu'un nain, monté sur les épaules d'un géant, voit plus haut et découvre plus loin que le géant même [5] ! Ne nous contentons pas des petites lumières de notre raison autonome, qui éclairent l'immédiat, mais sont incapables de montrer la route [6]. Bibliographie conseillée pour accompagner le cycle : l'excellent petit manuel, imagé et assorti de quelques textes choisis, de Pierre Béatrick, Introduction aux Pères de l’Église, Médiaspaul, 1987.

 

[1] Pierre Béatrick, Introduction aux Pères de l’Église, éd. Médiaspaul 1987, Introduction.

[2] J. H. Newman, Apologia pro vita sua, éd. Bloud et Gay, Paris1939.

[3] Bossuet, Défense de la Tradition et des saints Pères, 1ère partie, L.IV, chap.18.

[4] Pape François, lettre enc.  Lumen fidei, n°5.

[5] Jean Daille, (protestant du XVIIe siècle), Sur l'emploi des saints Pères, Genève 1632.

[6] Pape François, op. cit. n° 3.